samedi 3 mars 2012

Sons (de) lumières


Dans Manhattan transfer (1925), J. Dos Passos faisait déjà entendre la rumeur continue de la ville : non seulement les monologues intérieurs (le « sous-texte ») et les échanges de ceux qui la peuplent, mais encore le verbe que ses murs portent : slogans publicitaires, graffiti, etc. Je ne pense pas, cependant, qu’il ait pensé au langage des néons. La lumière parle pourtant, elle aussi...

La lumière parle…, E. Michel, 2009

C’est cette rumeur que fait entendre l’exposition à la Maison Rouge, en ce moment (de février à mai 2012) : une expo consacrée à l’art contemporain du néon. Un brouhaha confus et chaotique, parfois, comme celui de la foule. Absurde, en effet, mais assez joyeuse, encore.

Détail de Sans titre, Sans titre, J. Rhoades, 2004

Poétique, d’autres fois, comme la ville ne l'est jamais, en vrai.

Rêvez, C. Lévêque, 2009

Inquiétante aussi, comme ces néons « noirs » de G. Ligon qui rappellent le gondement d’une colère : rumeur de l'émeute (voir les images de sa rétrospective, l’an dernier, aux Etats-Unis : http://www.junejoonjaxx.com/2011/03/art-glenn-ligon.html).

Black and die, G. Ligon, 2009

Ou bien ce néon de K. Geers : (T)error… dont le « T » clignote. Obsessionnel et flippant, ce clignotement.

K.O.lab, Terror, K. Geers, 2003

Et puis le cri des graffiti de T. Emin qui résonnent, dans la nuit, comme des appels.

Just love me, T. Emin, 2010

Le graffiti comme un cri… Le cri du paysage urbain dirait Sarkis.

Le cri du paysage, Sarkis, 2009
Liens :
La Maison rouge : http://www.lamaisonrouge.org/
Compte-rendu et images de l’expo sur le site de France Tv Info : http://www.francetv.fr/info/le-neon-s-expose-a-paris_65077.html
Un commentaire éclairé, sur l'art du néon (du néant ?), sur le blog de C.A. Palagret : http://archeologue.over-blog.com/article-20036734.html

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