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| Into the World |
La stricte géométrie des toiles de Dolors Rusiñol Masramon (1959 - ) me rappelle la mélancolie de Dürer (Melencolia I) : c'est bien de la mesure que naît le monde... Dans le règne du sans mesure et de l'accident. Mais la mesure ne suffit pas à le "remplir" : quelque chose manque, définitivement... Je ne sais quoi.
La vacuité de leur étendue, justement, ramène à De Chirico : ces arcades autour de ces places, toutes vides. « Toute
la sensation, disait Giorgio, sera donnée par la composition des lignes dans le tableau, qui, dans ce cas, fait toujours l’impression
de quelque chose d’immuable » (1994, L’art
métaphysique, Paris, L’Echoppe, p. 69). Même effet obtenu par l'absence des visages, des regards... Illisibles, à tous égards.
| Autoportrait |
Apparemment aussi figés que ceux de Hopper, les personnages des toiles de Dolors Rusiñol Masramon sont cependant beaucoup plus drôles, immédiatement : entre l'homme au chapeau melon de R. Magritte (Dupont ou Dupond ?) et quelque K., de F. Kafka. Facétieux, ils posent pour le spectateur : comme s'ils lui présentaient une farce.
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| Regard sur le monde |
La profondeur des toiles de Dolors Rusiñol Masramon tient peut-être aussi à leur "épaisseur". On dirait qu'elle obtient ses à-plats en additionnant diverses matières à la peinture, abrase la surface, et recommence jusqu'à obtenir l'aspect granuleux d'un vieux mur : défraîchi et patiné par le temps. C'est le temps qu'elle travaille et que, en dernier lieu, elle fixe... En le cirant.
Chacune de ses peintures offre ainsi un raccourci à travers le temps pour atteindre sa suspension devant cette drôle d'énigme qu'est le monde... A laquelle manque toujours le début d'une réponse. L'humour de Dolors Rusiñol Masramon, c'est tout ce qu'on peut encore faire face à ce rien : de la délicatesse.


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