![]() |
| Puits I (variation 2), 2011. |
L’exposition de C. Iglesias au musée de Grenoble est habitée par un murmure continu et, en sculptant le mouvement de l’eau dans le dispositif de ses fontaines, elle travaille aussi le son. Puits I se remplit et se vide dans un mouvement, perpétuel semble-t-il. A l'autre extremité du parcours de l'exposition, Puits XI produit le même effet mais l'eau, cette fois, s'écoule continument et rebondit sur des reliefs en aluminium. Entre les deux, le murmure de l'eau accompagne donc la visite. Si l'on n'y prend pas garde tout d'abord, il devient ensuite une présence tout à fait effective : comme une autre oeuvre qui relie toutes les autres.
Chambre végétale fait le lien entre les deux fontaines : un couloir sinueux (pas assez long !) qui, comme un labyrinthe enserre le visiteur, étroitement et obscurément. L'intensité lumineuse diminue très sensiblement et il faut s'approcher très près des parois pour détailler le moulage d'un dense entrelacs de troncs, branches, tiges et feuilles comparable au fond du Puits I. C'est dans le passage de cette "chambre" que l'effet sonore est le plus magique puisqu'on peut avoir l'impression de s'être retiré dans une forêt où coule, invisible, un ruisseau.
Le murmure de l'eau représente aussi peut-être celui des choses que nous ne percevons plus guère : seulement à travers la poésie, peut-être. Un langage à peine audible que C. Iglesias nous propose cependant de percevoir encore d'autres façons.
Si ce murmure peut-être émis par l'eau et le végétal, il l'est également par des installations comme ce "passage" où des claustras, tissés en raphia, sont suspendus au plafond, en hauteur. Ils projettent ainsi une ombre dans laquelle on peut voir (lire ?) une sorte de texte... Indéchiffrable, en vérité. Un langage dont le sens serait perdu.
![]() |
| Chambre végétale III, 2005. |
Le murmure de l'eau représente aussi peut-être celui des choses que nous ne percevons plus guère : seulement à travers la poésie, peut-être. Un langage à peine audible que C. Iglesias nous propose cependant de percevoir encore d'autres façons.
Si ce murmure peut-être émis par l'eau et le végétal, il l'est également par des installations comme ce "passage" où des claustras, tissés en raphia, sont suspendus au plafond, en hauteur. Ils projettent ainsi une ombre dans laquelle on peut voir (lire ?) une sorte de texte... Indéchiffrable, en vérité. Un langage dont le sens serait perdu.
![]() |
| Sans titre (Passage II), 2002. |
Elle reprend le même motif avec Pavillon suspendu IV mais certains panneaux pendent verticalement et tous sont faits de métal tressé : l'oeuvre est encore une fois dans l'ombre.
![]() |
| Pavillon suspendu (un lieu de tempête silencieuse), 2014. |
Elle propose en dernier lieu une installation monumentale faite de jalousies (?) moulées dans le grès et dans laquelle on peut se promener, comme dans la Chambre végétale. Les éléments composant les panneaux contiennent des lettres et des symboles qui pourraient être extraits du texte de José de Acosta (15329-1600), missionnaire jésuite aux Amériques, qui introduit cette oeuvre. En parcourant cette Histoire, on parcourt donc aussi un "texte", littéralement.
![]() |
| Histoire naturelle et morale des Indes (Santa Fe I et II), 2008. |
En bruit de fond, le murmure des fontaines accompagne le texte inscrit dans/sur les murs : comme si le premier prononçait le second, sourdement... Une messe basse ? Les deux également énigmatiques et pourtant délibérément adressés au visiteur. Réseau de textes dont la trame tisse la rumeur du monde...
Cristina Iglesias au musée de Grenoble du 23 avril au 31 juillet 2016 : http://www.museedegrenoble.fr/1713-cristina-iglesias.htm





Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire